mardi 10 juillet 2012

Demain

Demain,
nous fêterons les 9 ans de Louis.
Demain soir, nous serons dans l’avion vers la Belgique.
Un peu d’appréhensions. Beaucoup de réjouissances : la première, celle de vous revoir.
Vous nous avez manqué.
A plusieurs moments, on aurait voulu être plus proches de vous pour partager vos joies et puis vos peines aussi.
A plusieurs moments on aurait voulu vivre un petit bout de notre Aventure avec vous.

Ces derniers jours ne sonnent pas comme une fin pour nous, plutôt comme une page qui se tourne, un chapitre qui finit mais non un livre qui se ferme. On revient avec des envies, des projets qu’on laissera mûrir au fil des jours.

Un chapitre donc, mais quel chapitre !
Avec des pages pleines de couleurs, d’odeurs, de rencontres, de regards, de sourires échangés ;
Avec la mer qui rafraîchit, la mer qui permet de poser le regard, reposer les yeux ;
Avec les Andes en toile de fond, des milliers de paysages en guise d’illustration.
On s’est laissé surprendre par certains passages jusqu’à un étonnant silence qui nous laissait suspendu au fil des mots.
On s’est fatigué parfois jusqu’à s’arrêter face à un nouvel émerveillement.
Une pause face à un mot, une phrase qui faisait écho à nos émotions du moment.
Un chapitre qui nous a animé, fait vivre cette aventure pleine d’inattendu .
Ce chapitre, on l’a vécu et on s’est senti vivre, intensément.
Un chapitre qui nous a fait avancer, vibrer, cheminer.

Quand je repense au tout premier objectif de ce voyage, l’impulsion, le tremplin qui nous a donné des ailes pour l’accomplir jusqu’au bout -vivre en famille, voir les enfants grandir, être ensemble-, je ne peux  que sourire au regard de cette année passée.
L’envie de prendre ce temps en s’éloignant un tout petit peu du tourbillon dans lequel on est pris, les routes du monde nous semblaient offrir un bon moyen de l'assouvir et bien vite le choix de l’Amérique du Sud s’est imposé à nous pour sa facilité d’accès, sa sécurité, son climat et sa diversité.
On aurait pu aussi aller beaucoup plus loin, plus haut, voir toujours plus.
Mais volontairement, on ne voulait pas tracer la route, aligner les kilomètres avec pour seul objectif d’avancer. On voulait se laisser le temps de pouvoir s’arrêter, au gré des paysages, des lieux, des rencontres. Laisser l’inconnu pour une fois décider pour nous, ne pas tout planifier, organiser.
Ainsi a pris cours notre vie de nomades dans laquelle on s’est laissé fondre avec plaisir. Ne pas toujours savoir où on dormira le soir, ce qu’on mangera... Changer ses objectifs et priorités.
Lâcher  complètement les horaires, vivre sans date et sans heure.
Lâcher prise.
Se laisser surprendre par les caprices du temps, du climat changeant et adapter son rythme au sien. Ne jamais se lasser de poser le regard là où l’horizon nous porte.

On revient donc.
Rempli de toutes ces pages, prêts pour un nouveau chapitre.
Ce chapitre, on voudrait l’écrire dans la suite de celui-ci avec le souffle qui nous a porté toute cette année durant.
On voudrait l’écrire avec plein de reconnaissance pour chaque personne qui nous a soutenu, aidé, porté dans cette folle Aventure pas si folle que ça et principalement pour nos « bonnes étoiles » qui n’ont cessé de veiller sur nous.
Ce nouveau chapitre, on voudrait surtout l’écrire avec vous.

Buenos Aires, le 06 Juillet 2012

samedi 7 juillet 2012

Buenos Aires : 40.000 km au compteur

Buenos Aires : 40.000 km au compteur


On se sépare de la Defender qui va embarquer pour son long voyage d'un mois en cargo;
la prochaine fois qu'on la verra, ce sera à Anvers (enfin, on l'espère!).

On passe notre première semaine dans la capitale argentine chez notre ami belge, Michel, dans son appartement de Palermo : beaucoup de temps consacré à l'école et à se balader dans les rues ensoleillées de cette méga-ville qui nous devient familière ; de bons petits soupers en la compagnie de notre hôte.










Merci à toi Michel pour ton accueil et nos interminables discussions sur le voyage et ce fabuleux continent qu'est l'Amérique du sud.


Retrouvailles également du "Club des 6 en voyage", famille française croisée à plusieurs reprises sur les chemins. On ira manger un dernier bon asado ensemble pour fêter la fin de nos voyages respectifs. Bon retour les amis et on se reverra au pays des Chtis, c'est pas si loin de chez nous!




Retrouvailles aussi de Léti et de sa famille : les week-ends se passent entre jeux pour enfants, patinoire et papotte entre cousin(e)s.


 C'est bien gai de les revoir et on fêtera aussi les 9 ans de Louis le jour du départ.
Merci à vous pour ces bons moments passés ensemble.




On s'envole dans quelques heures, et nous nous réjouissons vraiment de vous revoir.



Le plus des P27

jeudi 5 juillet 2012

Cordoba

Cordoba…
C’est une ville coloniale pleine de vieux bâtiments très beaux ;































C’est une ville dynamique et pleine de charme, entourée par des sierras qui lui font de l’œil ;
C’est le soleil qui brille chaque jour au milieu d’un grand ciel bleu ;





























Ce sont des balades à pied, à cheval dans la campagne avoisinante, en Defender à la découverte des estancias jésuites qui l’entourent ;





 

Ce sont les retrouvailles avec la famille d’Ines et Martin, rencontrés au Chili sur le Navimag ;


Ce sont des heures et des heures d’école pour les enfants mais aussi des heures de sauts sur le trampoline ;

 

Mais surtout, surtout, c’est le partage d’une vie de famille durant deux semaines.
Quatre adultes, sept enfants, deux chiens, un cochon d’Inde,
Des éclats de rire, des heures de papottes, du partage à n’en plus finir, de leur vie, de notre voyage;
Des vaisselles débordantes qui nous permettent de remettre de l’ordre dans nos pensées ;
Des dégustations de maté au soleil,
Des quantités de jeux et une grande complicité partagée entre les enfants.

 

Et les visites du tonton, de la sœur et de son ‘novio’ pour l’assado du dimanche.

 


C’est aussi le confort retrouvé -on était d’ailleurs tellement bien qu’on s’est tous permis pour la première fois du voyage de tomber malade (rien de grave, juste de quoi nous donner une bonne occasion de flémarder !)-, la chaleur d’un foyer, les bons petits plats (il est exclu de faire des repas-tartines en Argentine !) autour de bons vins ou de bonnes bières (ça ce sont les gènes belges qui ressortent).


Le départ a été dur. On a savouré chaque instant de ces retrouvailles familiales et le goût est amer, maintenant, de se sentir à la fois si proches et pourtant si loin.
Merci à chacun de vous,
Constance, Mariano,
Sebastian, Maria-Luz, Matias et Ana 
Mon cher Oncle d’Amérique, Gérald,
Male et Agustin,
Nous avons terminé cette superbe aventure sur une note familiale qui nous a fait un bien fou.
Votre accueil sans limite nous a permis de nous sentir très proches de vous et c’est le cœur gros qu’on vous souhaite bon vent dans ce pays qu’on aime tant.
Hasta pronto !









Le plus des P26

vendredi 29 juin 2012

Traversée en couleurs du nord de l’Argentine

Passage de frontière Bolivie-Argentine. Comme bien souvent, au moment de vérifier le contenu de la Defender, le douanier affiche un visage défait face à l’amas de matériel -bien organisé mais non moins débordant- qui encombre le coffre. Bien vite, il nous envoie du côté des camions pour passer son contenu aux rayons X.


Et puis, le nord de l’Argentine s’ouvre à nous. Une région aux mille couleurs, parsemée de collines et de cactus géants.




Des déserts et des plaines arides qui nous donnent l’impression d’être des Bonnie and Clyde des temps modernes avec enfants et chevaux sous le capot !




De Salta la linda, avec ses églises coloniales, à la quebrada de Humahuaca, on se met des couleurs plein la vue, traversant des petits villages en adobe -Pumamarca et Tilcara- avec leurs petits marchés artisanaux, leurs ruelles en terre, leurs places centrales qui accueillent les habitants à l’ombre des palmiers.





On s’arrêtera de-ci de-là, une fois pour se promener, randonner, faire les marchés, une autre fois pour arpenter le tropique du capricorne et admirer la montagne aux sept couleurs appelée aussi "la palette du peintre".


Nous gravirons la splendide "Costa del Obispo" qui nous mènera à Cachi,un petit coin de paradis au pied des Andes où le temps semble s’être arrêté.






A trois mille mètres d’altitude, les jours seront bleus et blancs mais les nuits de plus en plus froides en ce début d’hiver. Dès le soir tombé, nous n’aspirons qu’à nous blottir dans nos sacs de couchages, bien au chaud. Un matin, nous nous réveillerons avec les tentes gelées et les enfants mettront un holà définitif à l’idée de camper à nouveau.



Nous filerons donc nous réchauffer a Cafayate -capitale du vin blanc- où nous nous réfugierons quelques jours dans une auberge de jeunesse.




Pour rejoindre Cafayate, nous descendrons l'une des plus belles routes du nord de l’Argentine, sinuant entre les ocres des canyons arides de la Quebrada de las Conchas.



















Mais trois jours de randonnée -à pied ou à vélo- et de dégustations de vin dans les bodegas locales, ne feront pas passer le vent glacial qui sévit sur le nord de l’Argentine. La Patagonie se rappelle à notre bon souvenir. Et qui dit maison ici, ne veut pas dire chauffage pour autant!





Ah, vivement Cordoba et la chaleur des retrouvailles familiales !
















Le plus des P25

vendredi 8 juin 2012

Ainsi va la route... pour quitter l'Amazonie

Aux dernières nouvelles, nous étions donc arrivés, non sans mal, dans l'Amazonie bolivienne.
Il ne nous restait plus qu’à en sortir.
Plus qu’à... On ne croyait pas si bien dire.


De Rurrenabaque ne partent que deux routes : celle que nous avons prise pour venir et qui remonte vers La Paz et une autre qui part vers l'Est à travers l’Amazonie et qui mène à Santa Cruz.

C’est sans hésiter que l’on choisit cette deuxième option : c’est plat (entendez, plus de précipice), c’est beau et ça prolonge un peu notre fabuleux séjour dans ce paysage impressionnant de vert et de chaleur.




























C’était sans compter les pluies prolongées qui ont totalement ravagé l’état de ces routes -disons plutôt chemins de terre- qui se sont dès lors transformées en grandes marres de boue sur des kilomètres et des kilomètres.


Passe encore si on était seul; ça met un peu d’animation, ça glisse, on dérape, il faut prendre son élan pour mieux passer les tranchées creusées par les camions, ça fait gicler la boue par les fenêtres ouvertes, on rit, on chante « la gadoue ,la gadoue… ».

Mais c’était sans compter les dizaines de camions, bus et autres véhicules qui s’y étaient également engagés! Et là évidemment, ça coince...







Les camions s’embourbent, les bus tentent de passer et se retrouvent en travers de la route. Le chaos commence et ne s’arrêtera pas de sitôt. Tout le monde sort de son véhicule et prend une pioche. Même les "mamitas" relèvent leurs jupes et tout ce petit monde se déplace à pieds nus, pataugeant "joyeusement" dans la boue.

L’entraide entre chacun est impressionnante : de toute façon, si on n’aide pas le premier à se dégager, personne ne saura passer. Donc, c’est tous ensemble, et chacun à son tour.

En discutant avec les gens au bord du chemin, on se rend compte à quel point, pour nous, c’est une expérience dans notre voyage, mais que, pour eux, c’est leur lot quotidien durant toute la saison des pluies. Les camions et bus doivent bien s’engager sur ces routes pour réapprovisionner les villages ou y amener des passagers. Mais ils savent systématiquement que ça ne se fera pas sans mal. Ils mettront parfois plusieurs jours pour faire un parcours d’une après-midi par temps sec. On entend autour de nous : « Que pena Bolivia ! » et on partage leur peine.

 
On est consternés par tant de difficultés rencontrées au quotidien et, en même temps, impressionnés par tant d’entraide entre les gens, de solidarité et de patience par rapport à la situation. On comprend mieux dès lors leurs fameux bloquéos pour dénoncer les conditions parfois tellement insensées qui sont les leurs.

Il nous faudra deux jours pour progresser de 400 km dans ce bourbier et pour finalement nous retrouver bloqués devant un bout de route complètement impraticable.

Au loin des camions enlisés, immobiles, et devant nous des véhicules qui semblent avoir renoncé à s’engager plus avant. C’est fini, on ne passera plus. A quarante kilomètres de Trinidad et de l’asphalte, c’est dur...

C’est alors qu’on voit apparaître notre "échappée belle" sur le marais qui longe la route. 


Des bacs ont été mis en place pour prendre les véhicules et les acheminer deux par deux à travers les marais jusqu’à l’autre bout du bourbier, quelques kilomètres plus loin. Le problème, c’est qu’il n’y en a que deux et qu’ils mettent trois heures pour faire l’aller-retour. Nous attendrons donc notre tour toute une après-midi. Et qu’est- ce qu’on fait dans ces cas-là ? On sort les cahiers d’école et on se laisse dévorer par les moustiques ! (au moins, on aura bien avancé dans le programme scolaire en Bolivie !)

 

Bref, nous voilà à Trinidad, enfin, sur du bitume, après 450 de km de piste, prêts à découvrir de très belles missions jésuites. Toutes de bois sculpté et d’un tout autre style que celles visitées auparavant en Uruguay et au Paraguay, ces missions sont situées au cœur de petits villages construits autour d'elles.


















San Ignacio de Moxos, San Javier et Concepcion, autant de petits coins où il fait bon se balader, déambuler au milieu d’un paysage encore très vert et vallonné.









Puis, cap sur Santa Cruz, deuxième plus grande ville de Bolivie. On va aimer son climat, ses bons restos dont on profite tant qu’on est encore dans les prix boliviens, ses places avec ses palmiers, son ambiance tropicale.



On y verra également nos premiers jaguars et pumas… lors d’un petit passage au zoo.
Pas fâchés de ne pas les avoir croisés dans la jungle ceux-là !



Après ces derniers jours en Bolivie, on quitte ce pays avec des souvenirs mémorables. Il aura été pour nous un véritable coup de cœur, tant pour la diversité de ses paysages, que pour sa culture et sa différence, la discrétion et les sourires bienveillants de ses habitants.

Nous passons alors notre dernier poste-frontière, environ un mois avant celui de l’aéroport de Buenos Aires. Nous revoilà en Argentine pour sillonner ses merveilleuses routes du nord.


Le plus des P24